Qu'est-ce que c'est que Les Mots Imprimés?Les mots imprimés á Mali
Travailler avec les mots imprimésVue d'ensemble

Qu'est-ce que

Ce que les enfants apprennent avec l'approche pedagogique de 'Les mots imprimés'



Je joue très souvent
Avec ma grandmère au dames
Souvent je gagne

Elle sait lire!

Il y a peu de temps, dans une école d'enseignement spécialisé, j'ai fait une expérience qui m'a marqué. Je donnais quelques cours dans une classe d'enfants âgés environ de 10 ans ayant des difficultés d'apprentissage et de comportement. Il y avait Nelline, une fille qui lisait au niveau 1. C'est un niveau très bas. Le maître proposait de se
mettre à côté d'elle pendant le travail collectif, car sinon elle aurait du mal à suivre et elle ne pourrait pas écrire un texte. Ainsi fut fait.
Le premier cours Nelline est assis à côté du maître dans le cercle et elle lui demande de l'aide dès qu'elle commence à écrire sa phrase. Le deuxième cours les enfants sont installés à leur pupitre et non en cercle pour écrire. Je circule dans la classe pour aider les enfants et j'arrive à la hauteur de Nelline. Je lis son texte : ' je prenais la brosse à dent de ma petite sœur et je prenais le dentifrice' J'insiste pour savoir comment exactement elle brossait ses dents. Elle raconte et je lui dis : Tu peux noter ce que tu dis.
Peu de temps après je retourne la voir et je lis. Je suis étonnée. Non seulement elle écrit 'je l'ai mis sur la brosse à dent et puis j'ai brossé les dents de ma petite sœur' mais elle a rajouté 'et ma maman m'a appris comment brosser les dents de ma sœur.' Elle n'avait pas raconté cela mais elle l'a écrit quand même. Je lui demande si elle l'a écrit toute seule ou si Rianne, sa voisine, l'a aidé.
'Elle m'a un peu aidé répond-elle.

Ce processus continue pendant tous les cours. Nelline devient de plus en plus autonome et demande seulement de temps en temps encore de l'aide à sa voisine. Elle n'a plus besoin de mon aide ni l'aide du maître. Nous faisons des écrits sur pleins d'expériences différentes. Nelline écrit souvent au sujet de sa petite sœur, le chien qu'ils avaient et d'autres choses encore de chez elle à la maison. La sixième et dernière fois que je passe dans la classe nous écrivons de nouveau ensemble assis en cercle. Nous notons la signification d'un mot de notre liste, une sorte de définition. Nelline a choisit le mot poisson. Elle regarde autour d'elle comme si elle ne comprenait pas ce qu'on lui demande de faire. Je m'approche d'elle et lui dis : 'Fais comme si tu devais expliquer le mot poisson à une personne qui ne sait pas ce que c'est. Raconte-moi d'abord'
Elle commence : 'Eh! ben, ils vivent dans l'eau……'
Note ça,' lui dis - je et peut être tu peux en dire plus encore. Elle commence tout de suite et elle écrit pendant un bon moment.
Quand tout le monde a terminé nous faisons une ronde de lecture. Chacun lit à vive voix son propre texte. Quand c'est le tour de Nelline quelqu'un s'écrie : 'Elle ne sait pas lire'.
Je coupe court la remarque et je donne le tour à Nelline. Elle lit son texte du début jusqu'à la fin :

ils vivent dans l'eau
souvent ils sont gris
et tu peux les manger
et quand ils sortent de l'eau
ils meurent
et ils sont lisses

Surpris, quelqu'un de la classe dit : 'Elle sait lire !'
Tout le monde rit, Nelline aussi. Oui elle sait lire, en tous les cas son propre texte.
Par ce processus d'apprentissage Nelline acquiert de plus en plus de confiance en elle. Elle sait lire son propre texte et ressent un certain plaisir. L'exemple démontre l'importance que peut avoir 'les mots imprimés' sur le développement de la langue des enfants. Non seulement des enfants comme Nelline peuvent en profiter mais également les bons élèves en langue. Chacun à son niveau et à partir des sepossibilités peut obtenir plus de plaisir en apprentissage de la langue et peut acquérir également plus de connaissances. Dans cet article je montre quels aspects de la langue sont abordés avec 'Les mots imprimés'

La question clef est : En quoi les enfants progressent - ils en appliquant l'approche pedagogique ' Les mots imprimés'? Et comment se fait - il qu'ils progressent ?
Pour cela je dois d'abord traiter le sens et la fonction du langage et décrire comment nous apprenons une langue, la différence entre l'appropriation de la langue et l'apprentissage de la langue. Je décrirais également brièvement les conditions qui favorisent l'apprentissage de la langue. Jusqu'à là c'est que de la théorie. Mais comment 'les mots imprimés' se positionne parmi toutes ces théories : Est-elle situé dans le domaine de l'appropriation langagière ou y a-t-il aussi des parallèles vers l'apprentissage d'une langue ? Pour conclure je fais le bilan de ce qu'apporte 'Les mots imprimés ' aux enfants, comment c'est difficilement mesurable et pourquoi cela n'est pas grave.


Sens et fonction de la langue

Ce n'est pas une nouveauté : Le langage existe pour pouvoir communiquer ensemble.
Mais c'est un savoir à renouveler à chaque fois.
Il semble qu'à l'école apprendre la langue est loin d'être basé sur la communication. C'est comme si apprendre la langue existait pour apprendre des règles d'orthographe et grammaticales.
Et s'il y a discussion, c'est dans la plupart des cas pour apprendre de nouveau une règle. Le sens de la langue : parler et écrire pour communiquer ensemble n'est souvent pas présent du tout. Quand à l'école on parle de compétences en langue souvent il ne s'agit pas de la langue en tant que moyen de communication. Le but ce n'est pas qu'un enfant puisse exprimer ce qu'il veut dire, si ses camarades le comprennent ou s'il comprend lui-même ce que les autres veulent dire. Mais il s'agit de comprendre et d'appliquer les règles. La perte est importante par cette approche limitée.
D'abord il existe un grand écart entre le cours de langue à l'école et l'utilisation de la langue pour mieux se comprendre. Le cours de langue est souvent vécu par les enfants comme un devoir et non comme un plaisir. De plus les enfants ne font plus le lien entre le cours à l'école et leur propre langue de communication . Un autre inconvénient : plusieurs enfants décrocheront quand on ne connaît pas les règles aussi vite que les autres ou si on a un autre chemin d'apprentissage ou si on a une autre langue maternelle.

A l'école de Nelline il y a beaucoup d'enfants qui apprennent le néerlandais comme deuxième langue et où quelque chose a dérapée pendant ce processus.
Ils ont vécu souvent l'échec dans des écoles précédentes. La plupart ont également des mauvaises expériences avec l'apprentissage de la langue.
Ils ont appris à lire d'une façon mécanique si déjà ils l'ont appris ; ils s'exercent techniquement et sans comprendre l'écrit. Bref, il y a eu beaucoup de perte concernant les cours de langue. L'idée de la langue comme moyen de communication est restée caché.
Nous retrouvons cette idée de perte également dans les recherches scientifiques. Beaucoup de chercheurs posent l'hypothèse que le sens et la fonction de la langue ont disparu ou sont bien caché dans l'enseignement de la langue et que c'est une des raisons pour laquelle les enfants seront peu performant dans ce domaine. (Knijpstra e.a. 1997. Appel e.a. 1995)
Comment peut on faire des liens entre la langue comme moyen de communication et la langue comme une ensemble de règles ? Car ce dernier est également un apprentissage nécessaire……
Et quel peut être le rôle des « mots imprimés » dans cela ? Pour pouvoir répondre à cette question il est nécessaire que j'explique brièvement comment nous apprenons une langue.


L'appropriation et l'apprentissage d'une langue

Chaque personne apprend une langue. Cela va de soit. Chaque enfant doit s'approprier les quatre éléments d'aptitude d'une langue. Dès le moment de sa naissance chaque enfant apprend à parler etécouter dans sa première langue : on parle dans son environnement, la langue a une fonction communicative. Plus tard arrive la lecture et l'écriture. L'apprentissage d'une deuxième lange se passe en fait de la même façon que la première.
Appel (1995) affirme que cela se passe de deux façons. La première manière d'apprendre une langue est 'sur le tas', il s'agit ' de s'approprier la langue'. Parce que dans l'environnement on parle la langue et parce que il y ait une nécessité et une volonté de communication, on acquière une langue. Appel appelle cette approche non-dirigé.
La deuxième façon est l'apprentissage d'une langue par instruction. Appel appelle cette manière dirigée : On réfléchit en amont de tout ce qui doit être appris et on conçoit une pédagogie pour atteindre le mieux possible cet objectif. Il est évident que l'école utilise beaucoup la manière de 'l'apprentissage de la langue'. Appel insiste sur le fait qu'il est très important que l'école offre également la possibilité de 'l'appropriation de la langue'. Notamment pour ceux qui ne parlent pas beaucoup le Néerlandais après l'école, c'est le seul endroit où ils peuvent aussi s'approprier la langue. Et c'est également indispensable pour apprendre à bien maîtriser une langue. Apprendre et s'approprier une langue ont chacune autant d'importance. Je reviens plus tard sur comment les deux peuvent être lier ou être entremêler.
D'abord je traite d'une façon plus approfondie les conditions auquel 'l'appropriation de la langue' doit répondre pour être efficace à l'école

Un climat sécurisant d'apprentissage de la langue, propositions d'apprentissages de la langue et interaction

Travailler l'appropriation de la langue à l'école n'est pas que papoter un peu ou raconter une histoire et ensuite 'voir ' ce que les élèves en ont 'tiré'. Il y trois aspects importants pour tous les enfants mais notamment pour les enfants qui s'approprient une deuxième langue : un climat sécurisant d'apprentissage, les propositions d'apprentissage et les possibilités d'interaction. (Knijpstra 1993 Appel e.a 1995)

Un climat sécurisant fait que les enfants se sentent à l'aise quand ils prennent la parole, qu'ils soient motivés de s'exprimer, et qu'on les écoute.
Les propositions d'apprentissage langagier de l'enseignant(e) doivent être compréhensibles, abondantes et se situer juste au-dessus le niveau que les enfants sont capables d'atteindre. Selon Krashen (1983) les propositions doivent être également intéressantes ou relevantes pour les enfants et elles ne doivent pas suivre la progression d'un livre de grammaire. Knijpstra (1993) affirme que le résultat la plus important semble être obtenu quand l'enseignant(e) réussit à travailler à partir de ce qui intéresse les enfants. Pour qu'il trouve ces centres d'intérêts le mieux est d'avoir des vraies discussions avec les enfants.

Pour qu'une appropriation de la langue puisse être effective il est indispensable d'avoir des possibilités d'interaction : celui qui apprend la langue doit avoir la possibilité de s'exprimer. Parler lui-même invite les autres aussi de s'exprimer et il peut également expérimenter la langue : est-ce que je suis bien compris ? Appel (1995) évoque plusieurs caractéristiques d'interaction qui font progresser l'appropriation de la langue.

*Il faut qu'il s'agisse des sujets intéressants et compréhensibles, où les enfants influencent la progression de la discussion et les enseignants sollicitent les enfants.
* Il est important par ailleurs qu'il y ait des bonnes questions de posées : pas trop ouvertes; des questions précises sont plus faciles à répondre. *Les questions de 'pourquoi' sont les plus difficiles. La variation au niveau des questions stimule la curiosité.
* Chacun aura l'occasion de parler. Ce que les enfants apportent doit être pris au sérieux et être utilisé pour l'interaction: Il ne s'agit pas de trouver la bonne réponse à la question posée, plutôt un comportement active de participation.
Bref : S'approprier une langue ne vient pas tout seul. Qu'est ce qu'apporte la méthode des mots imprimés à l'appropriation de la langue?

 



'Les mots imprimés' c'est l'appropriation de la langue

Quand nous discutons assis en cercle pendant le cours 'Les mots imprimés' c'est surtout l'apprentissage de la langue 'non-dirigé' ? Nous ne déterminons pas d'avance quelles notions doivent être apprises ou quels exercices langagiers doivent être faits. Dans son article '
Un texte n'est jamais parfait du premier coup' Lucie Visch explique par exemple comment se déroulait la discussion autour du texte de Latifa qui avait tué une fourmi. En discutant de ce texte une liste s'est constituée au tableau sur la question comment elle avait tué cette fourmi. Toute sorte de manières à tuer des petites bêtes sont inscrit sur la liste, tant de façons que d'avance on ne pourrait pas les inventer. Ils surgissent par les expériences des enfants. A ce moment il s'agit donc d'apprentissage 'non-dirigé'. Mais cela n'implique pas que toute les discussions soient bonnes. Si réellement il doit y avoir l'apprentissage de la langue il faut qu'il y ait quelques conditions à remplir.
Premièrement une discussion doit être intéressante pour chacun des participants : adultes et enfants sont alors impliqués par le sujet, sont ou vont devenir motivé d'échanger sur le sujet. En l'occurrence pour le sujet de la fourmi écrasée c'est absolument le cas, les enfants ne peuvent pas s'arrêter.
Deuxièmement il y a beaucoup d'opportunité d'interaction pendant le cours 'des mots imprimés' : chacun peut évoquer quelque chose sur le sujet, il n'y a pas plusieurs experts face aux ignorants.
Les points que Appel désigne comme des conditions d'une bonne interaction sont tout présent en utilisant lápproche 'Les mots imprimés'. Par exemple l'importance de l'influence des enfants sur la progression de la discussion. Pendant le cours que Suzanne van Norden décrite dans l'article '
Des objets au milieu du cercle' ce sont les enfants qui déterminent la discussion. Quand touts les objets carrés et rectangulaires sont exposés sur la table Suzanne demande qui voudrait parler d'un des objets posés sur la table. Cela lance la discussion. Une histoire suscite une deuxième et les enfants se posent mutuellement des questions. Les objets suscitent également un besoin de s'exprimer, l'accompagnatrice sent sans interruption que les enfants ont des choses à dire ou à raconter pendant la ronde d'expression verbale. Suzanne fait que cadrer un peu et elle pose des questions. On offre aussi toujours un retour (du 'feed-back') aux enfants. Selon Appel également une condition importante. Quand pendant la même ronde Ramazan, qui veut dire quelque chose sur le billet de dollar, ne se fait comprendre, il y a questionnement jusqu'à compréhension par tout le monde. La langue n'est pas formelle, elle est là pour se comprendre mutuellement.

Un autre exemple. Pendant des rondes d'expression verbale traditionnelle les mêmes enfants ont souvent la parole. (Van Norden 1994) . Les autres enfants utilisent peu ou n'arrivent pas du tout à utiliser activement leur langue. La méthode des mots imprimés utilise des techniques ou chacun aura la parole. L'interaction ne se réduit pas qu'aux enfants qui par hasard s'expriment plus facilement que d'autres. Une ronde d'expression verbale est parfois le début d'un cours. C'est comme ça dans le cours que Suzanne van Norden décrit dans l'article 'débuter une ronde d'expression verbale sans avoir préparer le cours.' Chacun raconte combien de marche il doit monter avant d'arriver devant sa porte d'entrée. Ainsi chacun parle dans cette ronde, et chaque chose racontée est l'occasion d'approfondir la discussion autour des escaliers, des portes et des sonnettes. Chacun prend également la parole avec les échanges à deux et plus tard dans le cours au sujet de leur portes d'entrées et de ce qui se passe autour : raconter ton histoire à quelqu'un qui l'écoute spécialement.

Lire à haute voix et écrire font également partie de l'interaction. Il y a toujours des enfants qui ont plus de mal à prendre la parole pendant la ronde d'expression verbale. Cela ne veut pas dire qu'ils n'ont rien à dire. Presque toujours ils veulent écrire quelque chose. Et cela est lu à haute voix. Quand les enfants écrivent leur histoire l'enseignante aide si besoin à trouver les mots. Car chacun vie pleine de choses dans la journée, il n'y a jamais un manque de sujets à discuter sur lequel écrire.
L'écrit est directement lié au parler, l'écoute et la lecture. Et cela m'emmène au sujet suivant: le lien entre les quatre aptitudes que ce la comporte : parler, écouter, écrire et lire.


Des aptitudes séparées et couplées
Dans le processus non-dirigé de l'approche 'Les mots imprimés' les quatre aptitudes de la langue sont directement liées. Cela en opposition avec la plupart de méthodes, où les aptitudes sont travaillées séparément. Parler, écouter sont liés quand on fait une ronde d'expression verbale et un échange à deux pendant un cours 'Les mots imprimés'. Mais ce qu'on dit peut aussi être noté et ce qu'on écrit doit être relu . L'avantage de cette approche couplée est que touts les aspects de la langue gardent leur sens.
Tout d'abord il y a un sujet auquel tous les enfants sont impliqués. Ensuite il y a nécessité d'écrire et de nouveau de lire, qui s'écoule de la nécessité de vouloir clairement communiquer son vécu, et d'entendre celui des autres. Dans l'exemple de Nelline cela se voit clairement : parce qu'elle a envie de raconter son histoire, elle est motivée pour écrire et parce qu'elle a envie qu'on l'écoute, elle est motivée pour lire.

'Les mots imprimés' augmentent l'implication et la volonté des enfants à utiliser toutes les aptitudes partielles.
Nous pouvons le remarquer d'une façon amplifiée chez les enfants de l'enseignement spécialisé comme Nelline.
Je suis fière et satisfaite quand avec un groupe dont on dit toujours qu'ils détestent l'écriture, j'arrive à faire vivre l'écriture comme une évidence, comme quelque chose qui n'est pas forcément difficile. Ils ressentent comme une nécessité de garder leur histoire et de le faire entendre aux autres, ils le vivent comme une forme de communication.
Jusqu'à là je j'ai décrit 'les mots imprimés' dans le domaine de l'appropriation de la langue et de l'apprentissage non dirigé. En soi suffisamment important pour avoir sa place dans l'apprentissage de la langue. Plus loin j'y reviens. Mais c'est simplifier la réalité.

Car l'apprentissage dirigé et non dirigé est entre mêlée.
C'est une distinction fait vu de l'extérieur, mais qui en réalité s'entre mêlent. Comment cela se passe avec la méthode les 'mots imprimés'?

Ses propres textes et langue comme système de règles

Comme c'est dis auparavant les enseignants appliquant 'Les mots imprimés' ne déterminent jamais d'avance ce qui doit être appris. L'apprentissage est basé sur ses propres expériences et on ne peut pas les planifier d'avance.

Mais le critère de compréhension pour les autres implique que la langue comme système de règles garde toujours son importance. Les enfants apprennent les règles d'une langue en l'utilisant. Si quelqu'un ne comprend pas ce que vous avez écrit, parce que techniquement il y a un problème, il faut en parler : comment exprimer pour que tout le monde comprenne ce que vous voulez dire ? Et comment exprimer exactement ce qu'on veut dire ?
Nous utilisons souvent la technique 'discuter un texte' : Voir ensemble si tout le monde comprenne ce qui veut être dit. Et si nous ne comprenons pas, voir comment résoudre ce problème. S'y ajoute à chaque fois la langue comme système de règles. Quand dans le texte de Latifa concernant la fourmi il n'est pas claire comment la fourmi a pu été tué et ensuite rentrer dans une chaussure, on en discute largement et Latifa découvre elle-même qu'elle doit écrire ' qu'une autre fourmi' s 'est mis dans sa chaussure. Et un peu plus tard il semble qu'il fallait mieux , pour plus de clarté, écrire qu'elle a écrasé la fourmi au lieu d'écrire 'tué'.

Beaucoup de problèmes d'ordre technique grammatical peuvent être traités en 'discutant un texte'. En 'discutant des textes' trois fois dans un seul groupe nous rencontrons les problèmes suivants :
Nous découvrons la signification de la place d'un mot dans la phrase. ' J'ai poussé mon frère dans le bus' a une autre signification que 'Dans le bus j'ai poussé mon frère.' Nous découvrons qu'il y a des mots qui sont et un verbe et un substantif en même temps, par exemple :espoir en l'espoir, etre et l'etre, avoir et l'avoir.
Nous nous rendons compte également que dans une phrase donnée une seule signification est possible. La troisième fois nous découvrons qu'il y a des mots qui ont deux significations, parce qu'un garçon a écrit dans son texte qu'il devait s'asseoir dans une litière de chat. Une dispute a presque éclaté car quelqu'un avait compris qu'il devait s'asseoir au milieu des crottes de chat et que l'auteur du texte a trouvé cette idée ridicule. Jusqu'à quelqu'un a dis qu'il y avait peut être deux significations : la litière de chat pour les crottes et l'arrière de la voiture.(En néerlandais l'endroit où on peut mettre les bagages s'appelle aussi litière de chat.)
Quand on démarre avec 'Les mots imprimés' on arrive tout seul à la langue comme système de règles. Parfois nous élargissons ce versant après une ronde d'expression verbale pendant laquelle les enfants écrivent leurs textes : nous constituons une liste de mots au tableau, qui ont deux significations ; ou bien les enfants cherchent dans leur texte tout les mots qui peuvent être un verbe et en même temps un substantif ; ou bien l'enseignante constitue une colonne de mots au tableau, mots que les enfants ont utilisés dans leur texte afin d'apprendre l'orthographe de ces mots. Dans quelques écoles à Amsterdam tout l'apprentissage du Néerlandais est fait à partir des textes des enfants. Ce n'est pas du tout le cas partout. Mais même si c'est seulement l'écriture des textes , il y a un travail sur la langue fait comme système de règles. C'est inhérent à la façon de travailler : La langue sert toujours à l'utilisation immédiate. La langue qui est apprise écoule des textes propres des enfants et vise la communication entre les enfants. Utiliser la langue et apprendre la langue vont de pair. Nous n'avons pas encore épuisé toutes les possibilités et défis de cela. Les consultants de mots imprimés développent continuellement des nouvelles techniques et élargissent les champs de ce qui est possible.
Mais qu'est ce que les enfants apprennent avec cette approche ?


Je vais manger avec la lumière éteint
avec les bougies allumées
J'ai pris le manger de l'assiette
de mon frère et puis mon
père s'est fâché très fort
Puis père était d'accord
que mon frère remettais le manger


Les enfants apprennent avec l'approche pedagogique 'Les mots imprimés'

On dit souvent que les enfants n'apprennent pas le noyau dur de la langue avec 'Les mots imprimés' , grammaire, orthographe, syntaxe. Qu'il s'agit d'un plus amusant et créatif . On veut dire : les enfants n'apprennent pas les règles de la langue. C'est certainement le cas si nous considérons cela du point de vu purement technique. L'approche 'Les mots imprimés' ne conduit pas directement à la connaissance des verbes et des noms propres. Pas sans exercices en tous les cas. J'ai d'ailleurs souligné les possibilités de faire valoir le côté technique de la langue à partir de ses propres textes.
L'approche permet par contre les enfants de comprendre la langue qu'ils utilisent ; elle apprend aux enfants à chercher les mots et les phrases qui expriment ce qu'ils veulent dire ; elle apprend les enfants d'avoir un regard critique sur leurs propres textes et ceux des autres ; elle apprend les enfants de s'étonner ce que signifie la langue et de s'étonner de nombreuse façon de l'utiliser ; elle aide les enfants à développer leur propre style de parler et d'écrire.
Ce genre d'apprentissage et difficilement mesurable avec des méthode utilisés par exemple par « le cito-toets » ( Un contrôle standardisé, beaucoup utilisé à la fin de CM2 pour aider l'école à définir l'orientation des élèves) Cela ne veut pas dire que ce n'est pas mesurable. Dans les écoles où nous travaillons un dossier de chaque élève est tenu dans lequel est gardé plusieurs texte par an avec un compte rendu de l'aptitude en expression verbale.
Dans l'enseignement le 'non mesurable' est régulièrement problématique. Des aptitudes qui ne sont pas ou difficilement mesurable atterrissent souvent dans le coin un peu soft du non-cognitif, dans le coin du ' cela n'est pas le travail de l'école'.
Evidemment il y a quelque chose qui cloche, avec l'approche 'Les mots imprimés' les enfants acquièrent également des aptitudes cognitives. Ecouter par exemple est à part une aptitude socio-affective également une aptitude cognitive. Pouvoir trouver les mots pour exprimer ce que tu veux dire est aussi bien une aptitude socio-affective qu'une aptitude cognitive. Par ailleurs il y a au niveau national une discussion s'il faut uniquement mesurer une aptitude d'une façon cognitive, comme est démontrer dans le numéro thématique du périodique 'Moer ' sur le sujet enseigner par tâche.(1997/6)
L'école a parfois peur de prendre du temps pour le travail comme pour 'Les mots imprimés', car ils pensent avoir besoin ce temps pour préparer les enfants aux contrôles. Je pense que ce n'est pas justifié, s' il y a un bon programme pour faire entrer en ligne de compte l'appropriation de la langue et l'apprentissage de la langue , l'un situé dans le prolongement de l'autre. Mais il y a aussi des écoles qui expliquent les meilleurs résultats des contrôles aussi grâce à la place qu'occupent les mots imprimés dans le programme.
Une autre conséquence de la difficulté de mesure cosiste à ce qu'on peut être vu comme un 'croyant', si on plaide que les mots imprimés prennent place comme partie et/ou est point de départ de l'apprentissage de la langue. Cela n'est pas seulement désagréable mais en plus ce n'est pas vrai.
L'approche 'Les mots imprimés' est une pratique amusante d'apprendre et de s'approprier la langue, qui est basé sur le sens et fonction premier de langue : la communication. De plus la pratique se retrouve facilement dans des théories récentes concernant s'approprier et apprendre la langue. J'espère avoir donné un premier coup de pouce avec cet article menant à plus de recherche et de formulation théorique dans ce domaine.

Mirjam Zaat

Literature

Appel, R. e.a., Nederlands als tweede taal in het basisonderwijs, Amsterdam, Meulenhoff, 1995
Knijpstra, H., Zij-instromers, Tilburg, Zwijsen, 1993
Knijpstra, H. e.a., Met jou kan ik lezen en schrijven. Een ontwikkelingsgerichte didactiek voor het leren lezen en schrijven in groep 3 en 4, Assen, van Gorcum, 1997
Krashen, S., The natural approach, Oxford, Pergamon, 1983
Aarnoutse, C en Manders, D , C., Kleuters leren te weinig hun taal gebruiken, Didaktief en school, juni 1997
Norden, S. van, Dingen in de kring, Baarn, Bekadidact, 1994
Visch, L. en Zaat, M. e.a., Werken met taaldrukken, ervaringen en ideeën, Baarn, Bekadidact, 1993
Visch, L, In een plas zag ik de lucht, Gedichten schrijven met kinderen, Amsterdam, Stichting Taalvorming, Amsterdam 2005
Reehorst, M en Zaat, M, Les Mots Imprimes - The Printed words - Taalvorming in Mali,
ISBN 90-9016603-3, Stichting Taalvorming, Amsterdam, 2003


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